Conforme Article R1335-6

Registre DASRI tatoueur : déclaration ARS et traçabilité des déchets

Un salon de tatouage n'est pas un cabinet de soins, mais il produit des déchets qui piquent et qui saignent — donc des DASRI au sens de la loi. Deux obligations se superposent souvent dans le désordre : la déclaration d'activité à l'ARS avec sa formation hygiène, et la traçabilité des déchets (convention, registre, conservation trois ans). Cette page sépare les deux, puis génère le registre de l'article R1335-6 pour la part qui vous incombe.

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Derniere mise a jour : Juillet 2026

« Je ne suis pas médecin » ne vous sort pas de la filière

En résumé : l'article R1335-1 du Code de la santé publique ne vise pas que les soignants. Il range parmi les DASRI les déchets assimilés, c'est-à-dire ceux qui présentent les mêmes risques d'infection ou de piqûre alors qu'ils ne viennent pas d'une activité de soins. Les déchets d'un tatoueur ou d'un perceur entrent explicitement dans cette case. Vous produisez des DASRI, même sans blouse blanche.

C'est la première objection qu'on entend, et elle coûte cher à qui la croit. Une aiguille de dermographe qui a traversé la peau, un embout de buse souillé, une compresse imbibée de sang ne se distinguent en rien, côté risque, d'une aiguille de prise de sang. La réglementation les traite pareil : élimination par une filière agréée, jamais dans la poubelle du salon. Les agences régionales de santé le disent noir sur blanc — la fiche technique DASRI de l'ARS Auvergne-Rhône-Alpes cite nommément les tatoueurs parmi les producteurs concernés.

Deux obligations à ne pas confondre

En résumé : ouvrir et tenir un salon suppose deux blocs réglementaires distincts, qui n'ont ni le même texte ni le même interlocuteur. Le premier encadre le geste (déclaration et formation), le second encadre le déchet (traçabilité). Le registre DASRI relève du second. Beaucoup de tatoueurs règlent le premier en oubliant le second.

Les deux blocs d'obligations d'un salon de tatouage ou de perçage, et ce qui les fonde.
Ce qui est encadréObligationTexte
Le geste (effraction cutanée)Déclaration d'activité à l'ARS + formation hygiène et salubritéArt. R1311-2 et R1311-3 CSP
Le déchet produitConvention avec un prestataire agréé, registre de suivi, conservation 3 ansArt. R1335-3 et R1335-6 CSP

Sur le premier bloc, deux points souvent flous. La déclaration à l'ARS n'est pas une formalité de plus : elle est exigée avant le début d'activité, et de nouveau en cas de transfert ou de cessation (art. R1311-2). Et la formation hygiène et salubrité — 21 heures sur trois jours dans un organisme habilité par l'ARS — a changé de nature : l'arrêté du 5 mars 2024 l'a transformée en certification à renouveler tous les cinq ans, là où l'attestation était auparavant acquise à vie. Si la vôtre date d'avant, vérifiez votre échéance.

Le second bloc, celui des déchets, est le sujet de cette page et de notre générateur.

Ce qui va dans le collecteur jaune, et sous quelle forme

Un salon produit peu de volume mais beaucoup de perforants. Le tri se fait d'abord sur ce critère : ce qui peut piquer ou couper va en boîte rigide, le reste souillé va en sac ou carton jaune. Ne mélangez jamais les deux — une aiguille au fond d'un carton mou, c'est un risque de piqûre pour qui manipule le sac.

Déchets courants d'un salon de tatouage et de perçage, et leur contenant adapté.
DéchetContenantFormats fréquents
Aiguilles, cartouches, buses de dermographe, bijoux de perçage usagés, rasoirs jetablesBoîte à perforants (norme NF X30-500)0,5 · 1,8 · 3,5 L
Cotons et compresses imbibés de sang, gants, essuie-tout souillés, films de protectionCarton avec sac intérieur jaune25 · 50 L
Godets et capsules d'encre souillés par le contact peauSac jaune DASRI (déchets mous)selon volume

Un point qui fait débat dans la profession : jusqu'où va le « souillé » ? Le Syndicat national des artistes tatoueurs rappelle qu'un essuie-tout à peine taché n'est pas au même niveau qu'une compresse gorgée de sang, et qu'il faut de la mesure plutôt que de tout basculer en DASRI par réflexe. La ligne de bon sens : dès qu'un déchet a été en contact avec du sang ou de la lymphe, il part en filière DASRI ; un support propre reste un déchet ordinaire. En cas de doute réel, c'est le DASRI qui tranche.

Ce qui n'est PAS du DASRI dans un salon

En résumé : deux familles de déchets quittent le salon sans passer par le collecteur jaune ni par le registre DASRI. Les y mettre, c'est saturer une filière coûteuse avec ce qui n'y a pas sa place.

Hors registre R1335-6 :

  • Encres périmées ou retirées du marché → ce sont des déchets chimiques dangereux, pas des DASRI. Depuis les restrictions REACH entrées en vigueur début 2022, plusieurs pigments ont été interdits : une encre non conforme se traite en filière déchets dangereux, avec son propre bordereau, jamais dans le sac jaune.
  • Emballages propres, cartons de livraison, films non souillés → tri ordinaire. Seul le contact avec du sang ou de la lymphe fait basculer un déchet en DASRI.

Et non, la borne DASTRI de la pharmacie du coin n'est pas pour vous : elle ne reçoit que les déchets perforants des patients en autotraitement. Les DASRI produits dans le cadre de votre activité professionnelle en sont exclus. Il vous faut un prestataire agréé sous convention.

Combien de temps garder vos boîtes à aiguilles

En résumé : comme tout producteur, vous êtes tenu par un délai maximal entre le dépôt du premier déchet dans le contenant et son incinération. La grande majorité des salons produisent moins de 5 kg de DASRI par mois ; pour des perforants exclusivement, l'arrêté du 20 avril 2020 vous laisse alors six mois.

Délai maximal entre la production effective et l'incinération ou le prétraitement par désinfection (arrêté du 7 septembre 1999, art. 2, modifié par l'arrêté du 20 avril 2020).
Production sur un même siteCas généralPerforants exclusivement
Plus de 100 kg par semaine72 heures72 heures
De 15 kg/mois à 100 kg par semaine7 jours7 jours
Plus de 5 et jusqu'à 15 kg par mois1 mois6 mois
5 kg par mois ou moins3 mois6 mois

Pour un salon qui ne remplit qu'une boîte à aiguilles et un carton de mous, deux enlèvements par an suffisent souvent — à condition de ne pas mélanger. Une seule compresse souillée jetée dans la boîte à perforants et le « exclusivement » tombe : vous repassez à 3 mois. Pour la date limite exacte de votre collecteur en cours, entrez sa date d'ouverture dans le calculateur du délai d'enlèvement des DASRI : il applique le bon délai et pose un rappel d'agenda.

Sous 5 kg par mois : ce que vous devez pouvoir montrer

En résumé : presque tous les salons sont des petits producteurs, sous le seuil de 5 kg de DASRI par mois. À ce niveau, vous n'émettez pas de bordereau de suivi CERFA (BSDASRI) mais un bon de prise en charge à chaque enlèvement, complété par un état récapitulatif annuel du prestataire. Le registre, lui, reste entièrement à votre charge.

  1. La convention écrite avec votre prestataire DASRI agréé (art. R1335-3 CSP), obligatoire quel que soit le volume.
  2. Les bons de prise en charge remis à chaque tournée (annexe de l'arrêté du 7 septembre 1999 sur le contrôle des filières).
  3. L'état récapitulatif annuel transmis par le prestataire, qui atteste de l'incinération ou du prétraitement.
  4. Le registre lui-même (art. R1335-6) : chronologique, daté, reliant chaque production à son élimination.

Le tout se conserve trois ans — l'article 11 de l'arrêté du 7 septembre 1999 est explicite. Un mot d'honnêteté sur les sanctions : on lit partout des plafonds à cinq chiffres, et ils existent au titre du code de l'environnement. Mais un salon ne prend pas ce plafond pour un carton mal tracé. Ce qui arrive vraiment, c'est l'observation au rapport de l'inspecteur ARS, puis, en cas de récidive, la mise en demeure. Et la première pièce qu'on vous réclame alors, c'est ce registre.

Les textes, sans intermédiaire

Ce que fait cet outil pour un salon de tatouage

Dans le générateur, choisissez « Tatoueur » comme type d'établissement, puis saisissez vos entrées DASRI. Vous voyez le rendu complet gratuitement, sans créer de compte, et vous ne payez qu'au téléchargement : 4,90 € le PDF, 9,90 € le Pack Pro avec le modèle Word modifiable et les entrées illimitées.

Une limite dite franchement : l'outil génère le registre, pas votre déclaration ARS ni votre attestation de formation — ces pièces-là, c'est vous qui les détenez, à ranger dans le même classeur. Pour un document qu'on rouvre à chaque enlèvement pendant trois ans, le format Word est celui qui vous évite de tout ressaisir l'an prochain. La logique de suivi des enlèvements est la même que sur notre page bordereau de suivi des DASRI.

Questions frequentes

Oui. L'article R1335-1 du Code de la santé publique range les déchets issus du tatouage et du perçage parmi les DASRI assimilés. Un salon relève donc de l'article R1335-6 : registre de suivi, convention avec un prestataire agréé et conservation des documents trois ans, comme un producteur de soins.

Oui. Aiguilles et buses de dermographe, bijoux de perçage usagés, cotons et compresses imbibés de sang, gants souillés sont des DASRI assimilés au sens de l'article R1335-1. Ils présentent les mêmes risques de piqûre et d'infection qu'un déchet de soins et suivent la même filière d'élimination.

Non. La borne DASTRI ne reçoit que les déchets perforants des patients en autotraitement. Les DASRI produits dans le cadre professionnel d'un salon en sont exclus. Il vous faut une convention avec un prestataire agréé ou une installation de regroupement.

Ce sont deux obligations distinctes. La déclaration d'activité à l'ARS et la formation hygiène (art. R1311-2 et R1311-3) encadrent le geste de tatouage. Le registre DASRI (art. R1335-6) trace l'élimination des déchets produits. Tenir l'une ne dispense pas de l'autre.

Trois ans. Le registre, les bons de prise en charge et les états récapitulatifs annuels du prestataire se conservent trois ans (article 11 de l'arrêté du 7 septembre 1999), à ranger avec la convention. C'est ce bloc que l'ARS demande lors d'un contrôle.

Non. Les encres périmées ou retirées du marché sont des déchets chimiques dangereux, pas des DASRI. Elles suivent une filière déchets dangereux avec son propre bordereau. Depuis les restrictions REACH de 2022, plusieurs pigments ont été interdits : une encre non conforme ne va ni dans le sac jaune, ni dans le registre.

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