Conforme Article R1335-6

Sanction et amende du registre DASRI : ce que vous risquez vraiment

On lit partout « 75 000 € d'amende et deux ans de prison » pour un registre DASRI absent. C'est le plafond théorique d'un texte qui vise l'élimination illégale de déchets, pas l'oubli de paperasse. Cette page remet ce chiffre à sa place, décrit le risque réel — l'observation puis la mise en demeure de l'ARS —, dit qui contrôle et quand, et liste dans l'ordre les pièces qu'un inspecteur réclame.

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Derniere mise a jour : Juillet 2026

Le plafond à 75 000 € : ce qu'il vise vraiment

En résumé : le chiffre de 75 000 € vient de l'article L541-46 du Code de l'environnement, qui réprime la gestion illégale de déchets — abandon, élimination hors filière agréée, transport non autorisé. Il peut effectivement atteindre deux ans d'emprisonnement et 75 000 € d'amende. Mais il sanctionne un acte (jeter ses DASRI aux ordures, les brûler, les confier à un non-agréé), pas l'absence d'une ligne dans un registre.

La nuance est décisive. Tenir un registre incomplet et éliminer illégalement ses déchets sont deux situations de gravité opposée. Le premier est un manquement documentaire ; le second est le délit que L541-46 vise réellement. Aucun infirmier, aucun cabinet n'a jamais pris ce plafond pour une boîte à aiguilles mal tracée. Il est brandi dans les argumentaires commerciaux parce qu'il fait peur, rarement parce qu'il correspond au risque encouru pour un défaut de registre.

Cela ne veut pas dire que le registre est facultatif — il est obligatoire (art. R1335-6 CSP). Cela veut dire que la sanction qui vous menace vraiment n'est pas celle-là.

Le risque réel : de l'observation à la mise en demeure

En résumé : pour un défaut de registre, la voie normale n'est pas pénale mais administrative, et elle est graduée. On ne passe pas de l'oubli à l'amende maximale : on passe par des étapes, chacune laissant une chance de se remettre en règle.

Gradation réaliste des suites d'un défaut de registre DASRI chez un petit producteur.
ÉtapeCe qui se passeFondement
1. ObservationLe manquement est noté au rapport de contrôle, avec délai pour régulariserConstat d'inspection
2. Mise en demeureL'autorité vous ordonne de vous conformer sous un délai fixéPolice administrative des déchets (art. L541-3 C. env.)
3. Sanction administrativeEn cas d'inaction : astreinte, consignation de sommes, amende administrativeArt. L541-3 C. env.
4. Voie pénaleRéservée à l'élimination illégale avérée, pas au registre seulArt. L541-46 C. env.

Ce qu'il faut retenir : le déclencheur de l'ennui sérieux, ce n'est pas le registre manquant en soi, c'est l'inaction après une mise en demeure. Un producteur qui régularise dans le délai imparti solde l'affaire à l'étape 1 ou 2. Celui qui ignore l'ordre de l'administration s'expose aux étapes suivantes. Le registre n'est pas ce qui vous condamne — c'est ce qui vous sort du problème en une pièce.

Les textes qui fondent l'obligation et la contravention

En résumé : l'obligation de registre repose sur le Code de la santé publique, et son non-respect relève à la fois de la police sanitaire (ARS) et de la police des déchets (environnement). Voici les références exactes, sans intermédiaire.

Le manquement au registre est aussi susceptible de constituer une contravention aux prescriptions de santé publique, mais dans les faits, pour un petit producteur, c'est la voie administrative de l'article L541-3 qui s'applique en premier — celle de la mise en demeure, pas du tribunal.

Qui contrôle, et ce qui déclenche une inspection

En résumé : plusieurs administrations peuvent vérifier votre traçabilité DASRI, chacune sous un angle différent. La plupart des contrôles chez un petit producteur ne tombent pas au hasard : ils ont un déclencheur.

  • L'ARS (Agence régionale de santé) — le contrôleur naturel des DASRI côté santé publique : convention, registre, conditions d'entreposage.
  • La DDPP (Direction départementale de la protection des populations) — intervient notamment sur les activités vétérinaires et la sécurité sanitaire.
  • L'inspection du travail — sous l'angle du risque pour les salariés : accident d'exposition au sang, conditionnement des perforants, protection du personnel qui manipule les déchets.
  • La DREAL / police des ICPE — pour les producteurs au volume relevant des installations classées, hors cas du petit producteur de ville.

Les déclencheurs les plus fréquents : un accident d'exposition au sang déclaré, un signalement (voisinage, ancien salarié, prestataire), une plainte, un contrôle de routine programmé, ou une incohérence repérée en amont dans la chaîne de traçabilité. Autrement dit, le contrôle arrive souvent quand un incident a déjà eu lieu — raison de plus pour que le registre soit prêt avant, pas construit dans l'urgence.

Les pièces réclamées lors d'un contrôle, dans l'ordre

En résumé : un contrôle DASRI suit une logique de chaîne : de l'autorisation de confier vos déchets jusqu'à la preuve de leur destruction. Voici les pièces demandées, dans l'ordre où un inspecteur les déroule.

  1. La convention écrite avec votre prestataire agréé ou votre installation de regroupement (art. R1335-3 CSP). Sans elle, la collecte n'est pas légale, quel que soit votre registre.
  2. Les bordereaux de suivi (BSDASRI, CERFA 11351*04) ou, sous 5 kg/mois, les bons de prise en charge de chaque enlèvement.
  3. Le registre de l'article R1335-6, chronologique et daté, reliant chaque production à son élimination.
  4. Les états récapitulatifs annuels transmis par le prestataire, qui attestent de l'incinération ou du prétraitement.
  5. La preuve de conservation trois ans de l'ensemble (art. 11 de l'arrêté du 7 septembre 1999).

Un point que l'on sous-estime : ces pièces se répondent. L'inspecteur croise les dates du registre avec les bordereaux et les états récapitulatifs. Un registre seul, sans convention ni bons, ne prouve rien ; une convention sans registre à jour non plus. C'est le bloc cohérent qui vaut, et le registre en est la pièce centrale.

Se remettre en règle vite : convention d'abord, registre ensuite

Si vous découvrez que votre traçabilité est incomplète, l'ordre de régularisation est logique et rapide.

  1. Sécurisez la convention. Signez ou retrouvez le contrat avec un prestataire agréé (liste tenue par votre ARS). C'est la base légale de tout le reste — voir modèle de convention DASRI.
  2. Reconstituez le registre. Reportez-y vos enlèvements passés à partir des bordereaux, bons de prise en charge et factures du prestataire, puis tenez-le à jour à chaque collecte.

Ces deux gestes suffisent, dans l'immense majorité des cas de petit producteur, à répondre à une observation ou à une mise en demeure. Le registre est la première pièce à présenter pour montrer sa bonne foi : il transforme un « je n'ai rien » en « voici ma traçabilité ». Notre générateur de registre DASRI le produit en quelques minutes — prévisualisation gratuite et sans compte, téléchargement à partir de 4,90 € le PDF, 9,90 € le Pack Pro avec le Word modifiable pour le tenir à jour sur trois ans.

Questions frequentes

Le plafond de 75 000 € et deux ans d'emprisonnement souvent cité vient de l'article L541-46 du Code de l'environnement, qui vise la gestion illégale de déchets — les jeter hors filière agréée —, pas l'absence de registre. Pour un défaut de registre chez un petit producteur, le risque réel est administratif : une observation au rapport de contrôle puis, en cas d'inaction, une mise en demeure de l'ARS au titre de l'article L541-3.

Principalement l'ARS (Agence régionale de santé) sous l'angle santé publique, la DDPP notamment pour les vétérinaires, l'inspection du travail sous l'angle du risque pour les salariés, et la DREAL pour les producteurs au volume relevant des installations classées. Le contrôle est souvent déclenché par un accident d'exposition au sang, un signalement, une plainte ou un contrôle de routine.

Dans l'ordre : la convention avec le prestataire agréé, les bordereaux de suivi (BSDASRI) ou bons de prise en charge de chaque enlèvement, le registre de l'article R1335-6, les états récapitulatifs annuels du prestataire, et la preuve de conservation de l'ensemble pendant trois ans. L'inspecteur croise ces pièces entre elles : leur cohérence fait la traçabilité.

Oui. L'article R1335-6 du Code de la santé publique impose le registre à tout producteur de DASRI, sans seuil d'exonération. Sous 5 kg par mois, le régime est allégé (bon de prise en charge au lieu du bordereau), mais l'obligation de tenir un registre reliant production et élimination reste entière et à votre charge.

Deux étapes dans l'ordre : sécuriser d'abord la convention écrite avec un prestataire agréé, base légale de la collecte, puis reconstituer et tenir à jour le registre à partir de vos bordereaux, bons de prise en charge et factures. Ces deux gestes suffisent généralement à répondre à une observation ou une mise en demeure ; le registre est la première pièce à présenter pour attester de sa bonne foi.

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