Oui, un pédicure-podologue produit des DASRI
En résumé : l'article R1335-1 du Code de la santé publique définit les DASRI comme les déchets issus des activités de diagnostic, de suivi et de traitement en médecine humaine. Le pédicure-podologue exerce une profession de santé réglementée (livre III de la 4e partie du CSP, art. L4322-1) : ses déchets de soin entrent dans cette définition, y compris en cabinet libéral et même seul, sans salarié.
Le raccourci qu'on entend au cabinet — « je coupe des ongles, ce n'est pas de la médecine » — ne tient pas devant le texte. Dès que le geste franchit la peau ou fait saigner (ablation d'un cor au bistouri, fraisage d'une hyperkératose, soin d'un ongle incarné), l'instrument devient un déchet à risque infectieux. Ce qui compte pour la loi, ce n'est pas votre titre, c'est le risque de piqûre et de contamination que porte le déchet. Sur ce point, un cabinet de podologie est traité comme un cabinet médical : registre de suivi (art. R1335-6), convention avec un prestataire agréé, conservation des pièces trois ans.